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Publié par Martine

Texte de Michel Décobert

 

Demain, dès l’aube

 

 

En ce mois de septembre, l’été flotte en nappes tièdes sur le pays de Caux. Adossé aux falaises crayeuses, Villequier s’étire le long d’une Seine fortement marquée d’estuaire, les paquebots de lourd tonnage rappelant la proximité de Rouen  et du Havre . Tout somnole, l’œil mi-clos.

 



Sur le chemin de halage les maisons se serrent. Façades et bow-windows déclinent l’opulence d’une floraison vermillon et carmin qui se poursuit en cascatelles dans des jardinets reposés. Soudain, noble sans excès, la maison Vacquerie offre au promeneur son visage de briques rougeâtres au milieu desquelles  sourit le blanc des baies, échange avec les parterres à la française dont les bordures, telles des jardins de presbytère, s’abandonnent aux corolles entremêlées.

 

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Entrons. Avec respect. La tragédie du 4 septembre 1843 étreint notre mémoire et l’on peine à imaginer la douleur d’un père - Victor HUGO - qui cheminant à petites journées dans les Pyrénées, apprend par voie de presse, au hasard d’une halte, le décès accidentel de sa fille aînée Léopoldine et de son jeune  époux Charles VACQUERIE. Noyés. Noyés alors que la Seine trompeuse guettait leur promenade en barque.

 

Ce drame allait désormais partager la vie de l’écrivain en « autrefois et aujourd’hui «,  périodes transparaissant en chaque pièce de La Maison VACQUERIE  marquée par le goût  certain d’ Auguste, propriétaire des lieux, allié familial et ami d’HUGO .


Qu’il s’agisse des chambres, couloirs, salons, chaque bois peint, chaque trumeau révèle au visiteur la présence des occupants de jadis. Avec élégance, les documents exposés, les meubles, les objets inanimés dédient chaque pièce à un être aimé : chambre rose des enfants de l’écrivain, rouge pour l’épouse Adèle FOUCHER , réplique bleue de celle de Léopoldine et Charles au Havre, bow-window blanc rappelant Juliette DROUET ,hall grège dédié à la maturité des enfants.


L’exil à Jersey et Guernesey occupe le petit salon, Georges et Jeanne inspirent le couloir, et le salon jaune achève le parcours, symbolisant la postérité d’HUGO.


Sortons. Le jardin retrouvé tempère notre émotion ; « les Contemplations » chuchotent à notre oreille les poèmes de notre jeunesse cueillis au tableau noir. Désormais nous  saisissons leur inspiration : le deuil, la révolte, la méditation, la soumission.

 

Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,

Je partirai.



A perte de vue, le fleuve court vers la mer.

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eleonor 19/12/2012 09:10


joli !

Cendrine 18/12/2012 19:31


Bonsoir Martine,


C'est un texte magnifique, bravo à Michel Décobert.


Le chagrin de Victor Hugo est une plaie béante qui a marqué son oeuvre. Je connais ce poème merveilleusement triste depuis l'enfance, je ne l'ai jamais oublié.


Quand à Léopoldine, sa robe est restée accrochée à la barque et son jeune époux a essayé de la décrocher. Quand il a réalisé qu'il n'y parvenait pas il a choisi de mourir avec elle... C'est
tellement poignant et terrible!


Je te souhaite une belle soirée, avec de gros bisous


Cendrine



Solange 18/12/2012 17:55


Un très beau texte,une tragédie bien difficile à supporter pour des parents.

Quichottine 18/12/2012 16:45


Un moment que nul ne peut oublier.


Merci pour ce partage Martine.


Bises et douce soirée.

@lain 18/12/2012 15:49


Bonjour Martine


Même les plus grand ne sont pas à l'abri de ce genre de malheur hélas. Je connaissais cette affreuse histoire.


J'espère que tu vas bien.


Je te souhaite une belle journée.


Bisous


@lain

sonya972. 18/12/2012 15:15


merci de l'avoir partagé avec nous


je te souhaite une agréable fin de journée


ti bo

sittelle 18/12/2012 13:19


Merci... un beau texte, cette tragédie a été terrible; il parait que le mascaret ne se produit plus en Seine... Bises

Sabine 18/12/2012 11:04


Comme cette poésie peut toucher certains parents !

patriarch 18/12/2012 11:01


Merci pour cette découverte... Belle journée avec bises

jean 18/12/2012 09:58


Oui, qui n'a pas appris un drame, un jour dans sa famille.... alors que faisions halte le midi chez mes soeurs,  nous étions en route pour aller chez la belle soeur qui venait d'accoucher 15
jours auparavent, un coup de  téléphone nous apprend son décès !!! oui que de douleurs...

claudine/canelle 18/12/2012 09:52


Un texte appris à l'ecole mais sans doute pas vraiment compris


Merci


Bises

michek003 18/12/2012 08:33





bonjour martine de retour je passe en vitesse te dire merci pour ta gentillesse et pour te et vous souhaite un trés bon et beau mardi a bientôt bises amicales   amities chez toi
 michel003

..................... 18/12/2012 08:20


apprise à l'école primaire.......sans vraiment comprendre le contexte..malheureusement !!! bonne  journée Martine...


n'ai pas encore le temps ...  ..et abs.....
aujourd'hui ..grand merci en attendant

Martine 18/12/2012 07:25


Bonjour Martine,


Une très belle  visite , sûrement empreinte de beaucoup d'émotion. Bien des mots  de Hugo parlant de sa fille sont gravés dans notre mémoire L'entrée en matière est d'une grande poésie.


Bise


Martine

jill bill 18/12/2012 07:23


Par voie de presse.... Il est tombé de nues sans nul doute ! Pauvre Victor attaché aux siens !! Merci Martine, bises de jill