QUELLE POLITIQUE D’EMPLOIS POUR CERGY-PONTOISE ?
La question de l’emploi reste la première préoccupation des français. C’est aussi sur notre territoire l’un
des plus gros échecs du président sortant de notre agglomération.
DEUXIEME PARTIE
Une fuite en avant dans la grandeur
Les projets actuels du maire sortant de Cergy ne semblent guère tirer les leçons du passé de la politique « bling bling »
décrite dans la première partie. En témoigne la perspective de doublement des 3 Fontaines qui nous pend au nez, porté par le fonds de pension britannique Hammerson qui gère maintenant
le centre commercial et entend bien améliorer la rentabilité de ses affaires… Et c’est une fuite en avant dans la « grandeur » : les 3 Fontaines se prennent-elles pour
les grandes eaux de Versailles ? On prétend que l’extension correspondrait à des besoins qu’il faudrait satisfaire à tout prix, sous peine de voir s’évader des mannes financières
d’habitants vers d’autres territoires mieux achalandés… Il vaudrait mieux s’emparer du projet qu’être volé. Mais c’est oublier que tout voleur finit lui-même par être détroussé à son
tour.
Là encore, l’histoire nous a montré qu’on ne saurait mettre deux coqs dans une même basse-cour (fermeture brutale de Super-M quelques
semaines après l’arrivée d’Auchan…) ou que les moyens financiers de la population locale (le fameux « indice de richesse vive » « de la zone de chalandise ») ne sont
pas à la hauteur des appétits des magasins « haut de gamme »… Qu’on se rappelle l’arrivée des grands magasins installés à grands renforts de publicité aux 3 Fontaines qui ont
fini par rendre leur tablier : la Samaritaine, puis le BHV… Et plus encore « Habitat » censé être l’enseigne-phare tirant vers le haut le centre commercial Art de
Vivre à Eragny… Remplacé par une CAMIF à bout de souffle qui a fermé à son tour. (Est-ce un hasard si Ikéa s’est récemment installé en vallée de Montmorency, avec une population plus
nombreuse - 300 000 habitants- et plus aisée ??? ). Tout le monde sait que l’on observe un suréquipement commercial dans le Val d’Oise avec toutes ces surfaces dédiées à
l’équipement de la maison, à l’habillement, au bricolage… étalées le long de l’axe N14-A15… Et que nos porte-monnaie ne sont pas élastiques. Pas plus que nos estomacs ou nos penderies
ne sont extensibles. Faut-il en remettre une louche au moment où l’on observe une désaffection pour ces usines à vendre, qui s’exprime par un temps de plus en plus court pour faire ses
courses : 1h ½ autrefois, la moitié aujourd’hui. Et le « panier moyen » de la ménagère de moins de 50 ans se réduit, faute d’amélioration de notre pouvoir d’achat. Les
grandes enseignes avaient déserté Cergy-Pontoise parce que les populations locales étaient d’un niveau de vie trop faible… Croit-on qu’il s’est amélioré ces dernières années avec
la politique gouvernementale de gel des salaires et des retraites ?
L’argument « création d’emplois » lié à l’extension des 3 Fontaines est un leurre de plus. Quels emplois, quelle qualité,
quelles perspectives de carrière de ce personnel ? Le métier de caissière – pardon, « hôtesse de caisse » est un des plus ingrats qui soit, en tête de liste de ces fameux
« travailleurs pauvres »… qui sont d’ailleurs - soit dit en passant- des travailleuses, dans 80% des cas. 30 heures maximum, pour rester performante. Donc une paie inférieure
au SMIC, pour des conditions de travail particulièrement pénibles (un espace de travail étroit qui ne dépasse pas le m2…, des garde-chiourmes qui surveillent la moindre baisse
d’attention.. . des cadences ultra-rapides, des clients pressés et peu aimables, des horaires de grande amplitude qui obligent des journées à rallonge, une vie hachée, garde
d’enfants « atypiques, etc…. Pas étonnant que ça ait chauffé dernièrement chez Carrefour, malgré les obstacles mis pour empêcher la grève.
Et à côté de ces 1000 mal-emplois créés, combien supprimés ? Des emplois sur les marchés forains de Pontoise ou de
Cergy-Saint-Christophe, des petits commerces de proximité qui n’arrivent plus à boucler leurs charges… Et ces emplois-là sont à temps plein, probablement avec des statuts moins
précaires, même si le nombre d’heures est bien entendu supérieur… Pour les clients, quelle valeur ajoutée ? Il y a des années que je boycotte les grandes surfaces, pour bénéficier
des services des petits commerces : être connue et bien servie, acheter des produits en vrac sans emballage, se faire préparer une viande, se faire porter ses cartons jusqu’à la
voiture, éventuellement se faire livrer les courses sans aucun surcoût… J’ai envie de voir vivre la petite place près de chez moi, d’aller à pied chercher mon pain, mon épicerie, mes
journaux et mes médicaments.
Quand aux habitants qui feraient leurs courses sur Paris et qu’il s’agirait de faire revenir, ne faudrait-il pas traiter la cause en
fermant le robinet, plutôt que d’éponger ?? Les évasions quotidiennes de travailleurs de l’agglomération ont explosé ces dernières années, faute d’une quelconque réflexion sur
l’équilibre Habitat-Emploi entre les qualifications des actifs et les postes de travail des entreprises qui s’installent… S’il y avait un taux de travail sur place plus grand, la
conciliation serait plus facile entre vie privée, vie familiale et vie de travail. Nos routes, nos RER seraient moins encombrés… Nos poumons aussi. Et nous aurions plus de temps pour
profiter des services de notre agglomération. Non seulement fréquenter davantage les galeries de 3 Fontaines, mais aussi les équipements sportifs, les cinémas, les restaus, les parcs et
les bois ou les bords de l’Oise… Les clients « évadés » sont d’abord des consommateurs contraints qui ne demanderaient pas mieux que de retrouver leur liberté.
(à suivre )