Les farces adolescentes de Sabine TURLAN.
Le pensionnat de l’Isle-Adam devenait une école mixte. Les parents de Joséphine durent récupérer leur fille, interne. Sortant de cet enfermement, Joséphine, adolescente se retrouva en compagnie de sa fratrie et de son amie, Annie. La génétique et la liberté d’agir retrouvée, permirent à Joséphine d’exprimer son espièglerie avec excès pour éliminer les frustrations que ces années d’internat avaient fait naître.
Tout d’abord, elle regardait son frère attacher un portefeuille à un fil de nylon. Poser l’objet sur la chaussée très peu fréquentée par les automobiles. Cachés derrière la fenêtre, ils étaient aux aguets. La premier piéton qui passait, se baissait pour ramasser le portefeuille qui, sous ses yeux ébahis, glissait seul et regagnait le trottoir. Certains souriaient, cherchant du regard où se cachaient les chenapans. D’autres, comme un de leur voisin, le Pèrigord, bougonnaient mais eux, riaient à plein poumons.
Quand Annie et Joséphine étaient inoccupées, le jeudi ou pendant les vacances, elles conçurent un nouveau jeu. Elles s’en allaient dans des quartiers qu’elles ne fréquentaient pas habituellement. Montaient dans les étages. Sonnaient aux portes pour demander où habitait madame Josénie ou Anifine. Noms composés de la collision de leur prénom. Bien sûr, les personnes interrogées et par là même interloquées, ignoraient et ne savaient que répondre. Joséphine et Annie, repartaient, s’excusaient, comblées et riantes. Qu’auraient dit les parents s’ils avaient su ce que ces très jeunes filles comme il faut, se permettaient ces blagues moqueuses ? Pour elles deux, aller au-delà des interdits, les amusaient et les libéraient.
Un soir où elles descendaient la rue Thiers en compagnie de leurs copains, l’un d’entre eux émis une idée. - Et si nous faisions une réunion de poubelles ! Chacun resta interdit. - Oui, nous pouvons les rassembler au Parc aux charrettes. Chacun réagit et s’ébranla tirant derrière soi une poubelle de la rue Thiers. Parvenus sur la place, ils posèrent les pauvres récipients en rond. Cette plaisanterie les ravir et Joséphine pensa que le matin, éboueurs et propriétaires ne prendraient pas cette farce avec le sourire. Autant les premières bouffonneries furent faites et recommencées, autant l’idée de la ronde des poubelles fut abandonnée.
Avec les années, les deux filles retrouvèrent leur stabilité et par là même leur sagesse sans perdre l’humour.
Sabine TURLAN www.des-mots-en-couleurs.fr
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