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Publié par Martine

Le texte d'actualité que j'ai décidé de dffuser aujourd'hui concerne une ville Française B.... bien loin du Val d'Oise. Son auteur fait partie de l'association d'écrivains de Cergy : Les Mots Migrateurs. Je reste donc fidèle à mon objectif de promotion des associations en le publiant

Dans la ville de B.....

Civisme 1.

 

Dans la ville de B., le soleil rit presque chaque jour parce que celle-ci a la bonne idée de se situer en France à quelques encablures de la grande bleue, la mer Méditerranée. Dans la ville de B., chaque mardi et vendredi, notre voisine étend son linge à sa fenêtre, et ma mère en fait autant les samedis et mercredis. Ce qui fait que depuis ma petite enfance, j’ai toujours ouvert mes volets sur un doux mélange d’odeurs entre lessive, chèvrefeuille, urbanité et ce soupçon d’embruns apporté par le vent d’autan.

Dans la ville de B., ces derniers jours, et par arrêté municipal, le maire a interdit d’étendre en journée le linge aux balcons, fenêtres et façades des immeubles visibles des voies publiques dans le secteur sauvegardé de la ville. Dans la ville de B., cela fait des générations que l’on discute au balcon entre mères de famille, particulièrement les jours où l’on étend son linge. On se demande des nouvelles, on plaisante et l’on se garde bien de faire des commentaires sur les chemises pas assez blanches du mari de Madame Castan au 3e, ou sur la nouvelle lingerie de la fille des Cabanes au 1er… Mais l’on n’en pense pas moins.

Dans la ville de B., on vit les portes et les fenêtres ouvertes, parce que le sens de l’hospitalité est une valeur partagée, une coutume ancestrale qui fait partie du patrimoine social méridional.

Dans la ville de B., il faudra faire comprendre au maire que l’esthétique des façades, c’est d’abord la vie simple de ses habitants qui s’affiche en guirlandes de fleurs tissulaires, éphémères et changeantes, avant d’être un faux problème sur l’attractivité économique et touristique de la cité.

Dans la ville de B, il faudra expliquer au maire qu’un arrêté municipal est un acte qui ne doit être pris que pour des événements exceptionnels ou dans un contexte d’urgence, de danger imminent, de risques importants pour la population locale : avis de tempête, risque d’éboulement, d’inondation, d’épidémie…

Dans la ville de B, nous invitons le maire à étendre son linge un matin à la fenêtre… Cela lui permettra de discuter avec Madame Castan ou Monsieur Cabanes et de comprendre peut-être un peu mieux le quotidien de ses concitoyens, de trouver avec eux, dans la discussion et la concertation, des solutions acceptables pour tout le monde. Peut-être proposer l’installation de séchoirs individuels ou collectifs dans les nouveaux bâtiments collectifs d’habitation en construction…

Peut-être recomposer des espaces urbains de quartier où l’on viendrait faire sécher son linge comme autrefois on se rendait au lavoir municipal pour le laver. Peut-être…

Dans la ville de B, moi je continue à étendre mon linge sur mon balcon, parce que j’aime discuter avec ma voisine Europe, sentir son eau de toilette, les parfums mélangés du bien lavé et de l’aube naissante, écouter le chant du merle et les stridulations des cigales.

Dans la ville de B, il faut être vigilent pour empêcher qu’un nouvel arrêté ne soit bientôt pris afin d’interdire de se promener avec un immense bégonia à la boutonnière (1)

Dans la ville de B, et dans toutes les villes du Monde, nous devons veiller pour que le mot Liberté ne soit pas détourné par des spéculateurs, des esprits étroits ou des pensées extrêmes…

 

Le Philographe / V. Gabralga

 

(1) « Les statuts de l’homme ». Thiago de Mello. « Chant de l’amour armé ». Ed. du Cerf 1979. Traduit du Portugais par Régine Mellac

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Quichottine 03/06/2014 07:49

Tu vois... je me demande si l'affaire aurait fait tant de bruit si ce n'était pas un maire FN.
A Cergy, les habitants de certains immeubles n'ont pas le droit d'aménager leur balcon à leur idée, ou d'y faire sécher du linge. Personne ne s'en indigne.

Mais c'est vrai que j'imagine mal certaines villes du Sud sans ces cordes à linge qui traversent les rues et offrent au regard l'intimité de leurs habitants.

Laissons donc à chacun le choix de montrer ou pas.

Passe une douce journée. Bises.

lylytop 02/06/2014 09:03

Un petit coucou et bonne semaine
a bientôt
lyly

jean 02/06/2014 08:58

Dans le midi parfois cela fait un peu crade... ces linges aux fenêtres !!! mais parfois les maires ont des idées étonnantes... qui ne plait pas à tout le monde...

Ionard 02/06/2014 08:35

Bonjour Martine
Je partage tout à fait cette indignation! voilà donc venu le temps où planent sur certaines villes des idées et façons de faire que l'on pensait ne plus jamais voir!
Ne laissons pas faire!

Dany